Street Art 13 : Quand l’art urbain apporte une nouvelle lecture de la ville

29 Avr 2017 | Virée | 0 commentaires

Uniquement des artistes d’envergure internationale. 11 nationalités. 30 fresques monumentales. Un seul quartier. Street Art 13 ou comment des bâtiments décatis se métamorphosent en sublimes œuvres d’art, c’est le projet du galeriste Mehdi Ben Cheikh et du maire du XIIIème arrondissement de Paris, Jérôme Coumet. Le fondateur de la Galerie Itinerrance voulait redonner au street art sa place dans la rue en permettant aux artistes  de réaliser d’immenses fresques sur les murs des villes, comme le fait également la Galerie Mathgoth. L’art urbain retrouve donc pignon sur rue grâce aux galeries, un comble ! Mais une véritable réussite.

Une invitation à explorer la ville
Alors bien sûr vous pouvez arpenter le XIIIème en long, en large et en travers à l’instinct et vous tomberez surement sur lesdites fresques mais, même si le quartier est en pleine mutation, soyons honnête, il n’y a rien de bucolique à y déambuler des heures non plus. A Graff Co on est sympas, on partage nos tuyaux. Ça commence par le matos. Femmes et hommes connectés que vous êtes, munissez-vous de votre smartphone pour avoir accès à la carte interactive créée par la Galerie Itinerrance et qui localise sur un plan toutes les fresques à zyeuter. Le Pass Navigo en poche, on prend la ligne 6. Oui, oui, on prend le métro ! Allez pas de chichis, c’est entre les stations Place d’Italie et Chevaleret que la ballade commence. Ouvrez l’œil le long du trajet. De part et d’autre, sur les murs, le parcours est truffé d’œuvres exceptionnelles.

Des stars mondiales pour des murales monumentales
Les barres d’immeubles et les tours du XIIIème manquent clairement de glam’, c’est un fait, mais elles ont l’avantage de se prêter particulièrement bien à recevoir des graffiti XXL. Un point qui n’a pas manqué de séduire les plus grands peintres street art de l’extrême.
Ainsi, les silhouettes errantes de l’espagnol David de la Mano nous plongent dans un univers onirique et surréaliste, tandis que Shepard Fairey aka Obey frappe les esprits avec une Marianne géante en hommage aux victimes du 13 novembre 2015. Invader veillent toujours sur les passants ainsi que sur la ballerine suspendue entre ciel et terre de Patrick McNeil et Patrick Miller alias Faile. Le (gros) matou de C215, 25 mètres de haut tout de même, accueille les voyeurs du métro à la station Nationale, tandis que le chilien Inti nous offre une version laïque de la Madone. Les autoportraits de Jana&JS en miroir, rendent hommage à la photo argentique. Et Seth… Seth fait, comme toujours, appel à notre imagination, en peignant un enfant de dos et sur la pointe des pieds qui regarde à travers un vortex multicolore. Une fresque poétique et humaniste en même temps qu’une devinette.
Avec ces artistes et bien d’autres, le street art se fait grandiose à l’échelle de la ville. Alors venez prendre un bol d’air frais culturel dans le XIIIème !

Pour les oiseaux de nuit
La nuit tous les chats sont gris. Les hautes tours du XIIIème aussi. Mais les fresques qui les habillent, elles, sont sous les feux de la rampe et rivalisent avec les plus beaux spots paris by night connus jusqu’alors. Depuis novembre dernier et grâce à un ambitieux projet de mise en lumière qui repose sur l’énergie solaire, on peut désormais admirer les emblématiques fresques de jour comme de nuit. De quoi ravir les noctambules. Et assoir un peu plus l’institutionnalisation d’un art de moins en moins éphémère. 

Parce que le street art est un art contextuel
La rue n’est pas seulement un support pour l’artiste, la rue est son médium. La matière première de son œuvre. L’art prend la rue comme elle est et fait avec. Avec ses imperfections, ses fissures, avec ses fractures. Il joue aussi avec les surprises qu’elle offre parfois, avec son mobilier urbain, souvent. La rue fait partie intégrante de l’œuvre et l’œuvre s’intègre naturellement dans la rue. Il faut dire que les tours du XIIIème étaient toutes désignées pour se voir « pimper » par les street artistes et leur offrir ainsi de nouveaux espaces de création. L’artiste prend la rue telle qu’elle est et son intervention en métamorphose la physionomie. L’art change le réel et le réel change l’art. Il y a catalyse et réciprocité.Pour Victor Hugo, « la rue est le cordon ombilical entre le citoyen et la société ». (Oui M’sieur Dame,  on peut citer du V. H sur un blog street art !). L’art urbain apporte une autre lecture de la ville en revalorisant l’espace de la rue : il améliore le cadre de vie des riverains, crée du lien social et promeut la discipline et la culture en général.Le XIIIème a ouvert ses murs au street art qui lui offre une nouvelle dimension culturelle accompagnée d’un rayonnement international, pour devenir un véritable musée à ciel ouvert. Venez découvrir ou redécouvrir le XIIIème arrondissement de Paris, nouvel eldorado du Street art, à travers les fresques des artistes de la scène street art internationale.  On aura certainement encore la chance de voir fleurir de nouvelles œuvres alors gardez les yeux rivés sur le ciel – et stay tuned !

Pauline

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