Lève les yeux le temps d’une virée Street Art !

29 Mar 2017 | Virée | 0 commentaires

Vous avez 1 nouvelle notification : @graffiticontemporain vous prie de bien vouloir décoller vos yeux de votre smartphone et de jeter un œil autour de vous ! Pas easy, c’est vrai, mais un petit effort, on vous promet ça vaut le coup ! La preuve en mots et en images.

Bon, on est d’accord, à Paris comme ailleurs, il est essentiel de garder un œil sur les pavés pour cause de défections canines intempestives, un œil aussi sur les côtés pour checker les scooters, voitures, cyclistes et autres dangers publics. Mais comme vous avez l’habitude de gérer tout ça les yeux rivés sur l’écran de votre téléphone, cela ne devrait pas poser de problème de laisser plutôt trainer votre regard sur les murs de votre ville. Allez, laissez-vous faire, vous allez en prendre plein les mirettes (oui cette expression peu usitée existe encore !).

Les graffiti sont des objets visuels et urbains. La rue, est le lieu d’expression par excellence des graffeurs. Là où ils tracent leurs marques : des objets visuels qui peuplent votre vécu urbain. Des objets visuels qui valent le coup d’être vus.

Cette semaine, Graffiti Contemporain zoom pour vous sur deux quartiers qui constituent l’épicentre de l’émergence du street art à Paris. Depuis 40 ans déjà, les quartiers d’Oberkampf et Belleville débordent d’œuvres street art éphémères.

Notre visite commence au cœur du 11ème arrondissement, sur une place arborée et animée par des terrasses de café, une œuvre d’art géante attire l’œil. Le M.U.R (Modulable, Urbain, réactif), projet artistique et collaboratif, est une association engagée dans la promotion de l’art contemporain, et plus particulièrement de l’art urbain, symbolisée par un mur, espace d’expression libre, en lieu et place d’un ancien panneau publicitaire. Telle l’affiche qui recouvrait temporairement le panneau avant d’être remplacée, des œuvres d’artistes street art investissent cet espace pour deux semaines, égayant ce petit morceau de Paris, avant d’être remplacées par d’autres. Acryliques, encres, aérosols, collages, les modes d’intervention sont libres et multiples, à l’image du street art. Le must ? Assister aux performances live des artistes le samedi et découvrir le Mur prendre vie sous le souffle précis des bombes aérosols d’un graffeur ou grâce au marouflage expert d’un artiste colleur. La semaine dernière, nous avons immortalisé pour vous le collage de l’artiste Stéphane Moscato. En ce moment, admirez le mur mystique aux couleurs chatoyantes de @cixmugre, et dès le 1er avril, retrouvez le mur de Ferni, artiste serial superpositionneur !

 

 
 

 

 
 
Pivotez sur votre droite et quelques mètres plus loin, rue Saint-Maur, deux œuvres attendent votre attention. Un poster d’abord, le portrait stylisé du catcheur français André Le Géant en noir et blanc élevé quasiment au rang de logo tellement sa diffusion fut massive. Un style reconnaissable entre mille : c’est Obey.

Irrésistiblement, vos yeux sont attirés plus haut, sur un étonnant graffiti tant par son emplacement qui a dû nécessiter une réalisation périlleuse, que par son esthétisme : sous l’apparence fruitée de cocktails multicolores, rondelle de citron à l’appui, ce sont bien des toilettes stylisées qu’a peint l’artiste Chiot… Ça ne s’invente pas !

 

 

Après cette parenthèse poétique, arpentez avec nous la rue Saint-Maur en direction de Belleville, vous trouverez la fresque flamboyante et militante de Kashink. Street artiste, femme engagée, briseuse de tabous, elle porte la moustache et peint pour promouvoir l’égalité des droits homme/femme. 

Après cette pause féministe ultra colorée, on remonte encore un peu plus la rue Saint-Maur pour trouver plus loin sur votre droite la rue de la Fontaine-au-Roi, rebaptisée place de la liberté d’expression, célèbre pour son mur long de 30 mètres dédié au street art. Les Crews réputés de la capitale enchainent les fresques XXL et peignent ensemble, donnant vie au quartier, affirmant même son identité.

Au-dessus de la plaque de la rue, Obey est toujours là, alors que le joyau du diamantaire, lui, a disparu, peut-être dans le bec d’une pie voleuse attirée par son éclat, nous laissant juste l’empreinte de ses multiples facettes.

Plus difficile à subtiliser, le demi-vélo de Ride In Peace, solidement encastré dans le mur, surplombe des fresques impressionnantes. Réinvesti quasiment tous les mois, ce spot rassemble la fine fleur de la discipline, fusionnant ainsi toutes les sensibilités du graffiti. 3DT et TPK nous offrent des graffs ultra colorés tandis que le collectif HEC (Haut En Couleur) mêle lettrages précis, 3D et perso saisissant de réalisme. Un mur détonant qui s’achève sur une peinture en noir et blanc d’une rame de métro fonçant droit sur nous, un lettrage délicieusement old school de Cost accompagné d’un gigantesque visage masqué et capuché, bombe de peinture chrome Montana à la main. Le métissage des œuvres peuplant le quartier et ce mur en particulier est un véritable exemple de synergie créative qui fait toute la force du graffiti.

Véritable compagnon de route, le graffiti est à chaque coin de rue comme pour nous montrer le chemin. On remonte donc encore la rue, irrésistiblement attirés par les couleurs chatoyantes d’une nouvelle fresque de Cost.

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 

Arrivés sur le boulevard de Belleville, fuyez les pots d’échappements en remontant le boulevard sur votre gauche, puis première à droite. Respirez et prenez le temps de flâner rue Dénoyez : semi-piétonne et l’une des plus célèbres du 20ème arrondissement, car à elle seule, elle fait office de véritable village. Un quartier d’artistes, quelques terrasses de café et des murs entièrement recouverts de couleurs, un lieu de vie où se rencontrent habitants du quartier, artistes, touristes, curieux et inconditionnels de graffiti. La rue Dénoyez c’est une toile à ciel ouvert qui accueille en permanence des œuvres éphémères, peintes par des graffeurs qui vont et viennent jour et nuit, sans répit. Un lieu riche d’échanges. L’odeur des bombes aérosols y a remplacé celle de la coke. Un coupe-gorge devenu, grâce aux graffeurs, un havre coloré qui tranche net avec le boulevard bruyant et gris.

Des tags traditionnels rencontrent les arabesques du crayeur Jordane Saget qui se fraient un chemin entre les visages singuliers de Pox et les pochoirs de machines à écrire vintage de WRDSMTH, pour ne citer qu’eux.
Même si des travaux menacent son équilibre créatif, la rue Dénoyez restera, grâce aux artistes et aux associations, un haut lieu où apprécier des œuvres street art. En témoigne la photo du graffeur en plein live painting.

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 

La rue Dénoyez débouche sur la fourmillante rue de Belleville, que l’on remonte sous l’œil d’un familier Invader. Petite pause Place Fréhel, parce qu’elle vaut le coup d’œil et parce que, avouons-le, grimper la colline nous a coupé les pattes. Cette place, c’est encore une fois un bel exemple de synergie créative où l’œuvre suspendue en volume et en trompe l’œil de Ben dialogue avec le détective de Jean Le Gac, fresque monumentale partiellement effacée datant de 1986. En bas, le jardin collectif est entièrement recouvert, (jusqu’aux pots de fleurs !) d’œuvres street art en constant renouvellement. Le « Heaven corner » dénonçant la COP21 que nous avons pu voir est déjà remplacé par une œuvre collaborative de Moyoshi et POX !

Vous rougissez ? C’est que vous êtes tombé nez-à-nez avec une œuvre d’Intra Larue. Avec elle, le street art se fait sensuel. Elle a commencé à sculpter des seins en plâtre pour rire, et désormais, ce sont près de 500 seins qui fleurissent un peu partout, se jouant des tabous et apportant ainsi poésie, humanité et féminité aux murs gris.

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 

Après cet intermède charnel et féministe, le clou du spectacle est à quelques encablures. Remontez encore la rue de Belleville, pivotez rue Piat, vous allez en prendre plein la vue. Et pour cause, le Belvédère de Belleville vous offre une vue imprenable sur la capitale et sur les œuvres humanistes et poétiques de Seth qui colorent l’amphithéâtre, faisant partie intégrante du paysage. 

 

 
 

 

 

Certes, on vous a demandé au début de cet article de décoller vos yeux de votre smartphone pour voir la ville autrement, mais n’oubliez pas de le dégainer de temps à autre pour immortaliser les graffiti que vous croisez et faites tourner !

Pauline

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